Cuisiner avec Pavarotti

Un entretien avec Sante de Sanctis, le chef romain qui vit et travaille à Stuttgart, vantant les vertus de la cuisine italienne dans son restaurant ainsi que dans ses livres et lors d’apparitions à la télé. Ses récits, tout comme ses plats, démontrent son grand amour pour Rome et, particulièrement pour l’un des quartiers les plus caractéristiques de la ville, le Testaccio.Sante de Sanctis
Il révèle en exclusivité pour  » Émotions en Italie » le moment le plus palpitant de sa vie : le jour où Maestro Pavarotti est entré dans sa cuisine et s’est mis à chanter avec lui …

Cuisine italienne, la meilleure ambassadrice

Bien que l’Italie n’ait pas toujours une bonne image à l’étranger, il y a une chose qui ne nous trahit jamais et améliore en réalité la réputation internationale de notre pays : la gastronomie. Ce sont les mots de Sante de Sanctis, un chef romain, propriétaire et directeur du restaurant San Pietro Gastro à Stuttgart, également auteur de livres de cuisine et chef bien aimé de la TV: « L’alimentation reste notre spécialité. Ni les inondations, ni les montagnes d’ordures, ni le comportement controversé de nos politiciens ne pourront jamais ternir le plaisir de s’asseoir devant un repas italien, parce que nous sommes les seuls à pouvoir allier la technique à des traditions culturelles millénaires.De Sanctis: Et si je me permets d’affirmer une telle chose, c’est que j’ai voyagé dans 70 pays différents! ». En effet, en 1994, de Sanctis, qui vivait en Allemagne depuis 1989, abandonne tout pendant 2 ans pour découvrir le monde sur le Vistafyord, un bateau de croisière sur le modèle du Queen Elisabeth II et du Sagafyord. De Sanctis explique :
« La Méditerranée est un microcosme qui unit de nombreux pays différents, faisant de la cuisine méditerranéenne un monde en soi, avec l’Italie comme digne représentante puisqu’elle est totalement entourée par cette mer. Notre cuisine repose sur quelques éléments fondamentaux qui depuis des siècles sont la base de recettes des vingt régions d’Italie ; certains produits importés, comme les épices, et d’autres locaux comme l’huile d’olive, l’ail et l’oignon, l’asperge, l’artichaut, le blé, le riz, le gros sel, plus les noix, le sanglier, le bufflon, l’agneau et la chèvre…Bien qu’ils soient entourés par la mer, les Italiens ont toujours préféré les produits de la terre. Autrefois, on ne recourait aux produits de la mer qu’en période de besoin. Cependant, au fil du temps, nous nous sommes rapprochés de la mer avec beaucoup d’amour et de bonheur.

Italiens en Allemagne, Spaghetti à la Pavarotti

En 1990, la Coupe du monde de football (qui s’est tenue en Italie), fut officiellement présentée à l’Hôtel Intercontinental de Stuttgart. À l’époque, Sante de Sanctis était chef du restaurant italien  » La Piazzetta « . Il a un souvenir très particulier de cette date, un secret qu’il révèle pour la première fois:Pavarotti aime la cuisine italienne

Maestro Pavarotti était en ville pour présenter ses tableaux. Le soir du match France-Italie, il vint dîner dans le restaurant où je travaillais. Pendant mon service, coiffé de ma toque de chef, je lui ai demandé un autographe. Il voulu tout d’abord savoir comment se passait le match puis me questionna sur mon travail ; je l’invitai en cuisine où nous préparâmes ensemble des « Spaghetti à la Pavarotti », des spaghettis avec des tranches de tomate revenues avec de l’ail et du piment puis sautés avec du parmesan. Il insista pour utiliser des tomates pelées en conserve qu’il coupa lui-même argumentant qu’en Allemagne, elles étaient meilleures que les tomates fraîches.

Mais l’ingrédient secret était tout autre. De Sanctis continue : « le Maestro était convaincu qu’il fallait chanter pour les spaghettis avant de les mettre à cuire; nous improvisâmes donc un incroyable duo en cuisine. Cet épisode restera gravé dans mon cœur à jamais. Je n’en avais jamais parlé à personne jusqu’à présent, c’est l’un des points culminants de ma vie. Je pense que Pavarotti s’est beaucoup amusé aussi, parce que le jour suivant, il me fit apporter un poster dédicacé d’une de ses peintures, me remerciant du beau cadeau je lui avais fait la veille ».